Formateur en entreprise, ce rôle clé pour l’apprentissage dual
Une chronique de Mathilde Appia dans les pages du Temps

CHRONIQUE. Formateur ou formatrice d’apprentis en entreprise: cette fonction est peu connue et pourtant elle est essentielle. D’où l’importance que celles et ceux qui l’endossent soient bien soutenus, développe notre chroniqueuse
Cette semaine, on a souhaité une bonne rentrée aux élèves, enseignant·es et même parents. Mais une autre population faisait sa rentrée: les formateurs et formatrices d’apprenti·es en entreprise. Un rôle tout à fait clé sur lequel repose la survie de l’apprentissage dual. Beaucoup d’entreprises témoignent qu’elles formeraient davantage de jeunes si elles avaient des collaborateur·trices disposé·es à former la relève. Pour devenir formateur·trice d’apprenti·e, il faut avoir le droit de former, les possibilités de former et l’envie de former. Si un seul ingrédient manque, le résultat est indigeste, avec pour conséquence des professionnel·les et des apprenti·es en souffrance.
Avoir le droit est facile: il suffit d’être diplômé d’un CFC dans le domaine de la formation dispensée (ou qualification équivalente), d’avoir deux ans d’expérience et d’avoir suivi les cinq jours de formation. Avoir la possibilité demande que l’employeur reconnaisse les implications d’une telle fonction et adapte le cahier des charges et l’organisation du travail. Avoir envie dépend surtout de motivations intrinsèques, comme le plaisir de transmettre, d’être utile à la jeune génération, ou d’assurer la relève de son entreprise.
Responsabilités partagées
Ainsi, la possibilité comme l’envie ne sauraient relever des seules responsabilités du formateur ou de la formatrice. Elles sont partagées avec l’entreprise et plus globalement avec la société.
En effet, les formateur·trices d’apprenti·es sont régulièrement confronté·es à des enjeux qui dépassent le cadre de la transmission de leur métier: difficultés scolaires, problématiques sociales, enjeux de santé, absentéisme ou perte de motivation interrogent leur posture ainsi que les limites de leur rôle.
L’importance du réseau
Il est primordial qu’ils et elles sachent s’appuyer sur un réseau de professionnel·les compétent·es pour accompagner les apprenti·es tout en préservant leur propre rôle. La capacité à déléguer et à trouver le juste engagement humain est au cœur de la réussite.
Les entreprises les plus grandes créent des communautés de formateurs en leur sein, qui permettent d’apprendre et d’échanger. Pour les plus petites, une initiative est née il y a près de 2 ans à Genève: les Rendez-vous des formateurs. Portée par les fondations Qualife et ForPro, toutes deux engagées dans l’accès des jeunes à l’apprentissage et la promotion de la formation professionnelle, ces événements visent à valoriser le rôle des formateur·trices en entreprise, à offrir un lieu d’échanges entre pairs et à s’outiller pour accompagner la formation des apprenti·es.
L’édition de juin a permis de parler des soutiens existants et celle de septembre sera sur la création du lien avec son apprenti·e. A terme, l’intention des deux fondations est que cette communauté vive par elle-même. De notre part à toutes et tous, merci aux formateurs et formatrices pour leur engagement si précieux et… bonne rentrée.
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